Sunday, June 3, 2012

Un jardin en pots - 2ème partie



Les pots sont troués et le terreau acheté ? Félicitations, la grande aventure du jardinage peut enfin commencer ! Avant pourtant d'imaginer la saveur des betteraves Chiogga fraîchement tirées de la terre et l'odeur des tomates Sungold gorgées de soleil, je vous encourage une fois de plus à commencer petit et prendre le temps de découvrir les principes de base du jardinage. Si votre expérience dans la maîtrise du monde végétal se résume à arroser deux fois par an un cactus IKEA, commencez donc par quelques herbes : le thym, la sauge, la ciboulette et la menthe sont des plantes coriaces et peu exigeantes. Je suis également fan de la roquette qui, une fois semée au début du printemps ou à la fin de l'été, nous récompense de ses feuilles poivrées en l'espace de quatre petites semaines. Ici, en Pennsylvanie, je profite de la période actuelle pour semer haricots verts, persil et basilic qui poussent chaque année sans trop d'efforts pour le plus grand bonheur de nos repas estivaux. Lorsque les graines sont en terre, il s'agit alors de suivre la croissance de ses plants avec amour (traduction : chaque jour), d'arroser régulièrement les pots et d'enrayer une éventuelle invasion de limaces. Voici quelques précieuses ressources pour vous accompagner dans ces tâches.



Son look n'est peut-être pas très rock-n-roll mais qu'importe, Edward C. Smith est un jardinier passioné et généreux qui donnera confiance même aux pouces les plus gris. Ses ouvrages abondamment illustrés sont clairement organisés, passant en revue les principes de base du jardinage (matériel à utiliser, composition d'un engrais, revue des maladies, etc.) avant d'attaquer la culture de légumes et herbes spécifiques sous forme de fiches pratiques. L'auteur vivant dans le Vermont, il a d'excellents conseils pour les jardiniers dont les étés ne sont ni très longs, ni très chauds. Ces deux livres complémentaires devraient largement vous suffir pour commencer et entretenir de simples bacs d'herbes et de légumes.

Si votre espace de jardinage va bien au-delà d'une bordure de fenêtre et que la culture des fruits vous intéresse, je vous suggère alors d'accueillir McGee & Stuckey's Bountiful Container dans votre collection. Ce livre, qui m'a guidée dans la sélection d'une variété de figuier adapatée à mon climat, est une mine d'informations pour réussir à cultiver arbres et arbustes fruitiers en pots. Je ne fais qu'un seul reproche à ce livre : celui de ne pas contenir de photos.

Les plus sérieux d'entre vous pourront enfin se tourner vers cet ouvrage de référence du jardinage bio pour une couverture approfondie de sujets brûlants tels que : puis-je faire pousser des carottes avec mes tomates ? Quelle est cette larve qui a élu domicile dans la tige de mon plant de potimarron ? Je vous préviens tout de suite, ce livre-là, c'est du costaud.



Dans un autre registre, j'aime aussi beaucoup les blogs de jardinage, avec une préférence pour Chiot's Run  pour sa mise à jour quotidiennne ainsi que ses superbes photos. J'apprécie aussi la plume de Gayla Trail, qui sévit depuis Toronto via You Grow Girl et Willi Galloway qui nourrit son Diggin Food depuis l'Etat de Washington. Ces deux jeunes femmes sont d'ailleurs les auteures de superbes ouvrages au ton et à l'esthétique plus contemporains que ceux précédemment cités et ce n'est d'ailleurs pas par hasard qu'on les retrouve dans les magasins Anthropologie. Côté français, je suis fidèle au blog plein de poésie de jp que je fréquente depuis plusieurs années.



Pour finir, je suis abonnée au magazine Organic Gardening et je me plonge chaque hiver dans les catalogues de graines Seeds of Change et High Mowing Organic Seeds pour leurs photos et leurs généreux conseils. Il n'y a rien de tel que de feuilleter un catalogue plein de verdure en plein mois de fevrier et rêver à ses radis, petits pois et autres carottes.

Alors, prêts à vous lancer ?


Merci de partager vos meilleures sources françaises avec moi dans les commentaires !

Sunday, May 27, 2012

Un jardin en pots - 1ère partie



Oh, que je suis vilaine : nous arrivons déjà en juin et je ne vous ai toujours pas parlé de mon jardin. Voilà pourtant plusieurs semaines qu'il nous régale de ses feuilles de salades croquantes et de ses radis multicolores, et je ne connais pas de plaisir plus grand que celui de goûter au fruit de sa propre récolte. Parce que je voudrais vous convaincre que vous pouvez, vous aussi, connaitre la fierté de servir votre salade de roquette maison à vos amis, je vous livre ici mes secrets pour réussir un jardin en pots. Vous n'avez pas besoin de beaucoup d'espace ou de temps pour jouer les apprentis jardiniers, il suffit simplement de choisir...

Le bon emplacement

Un balcon, une terrasse voire un bord de fenêtre feront très bien l'affaire tant qu'ils reçoivent au moins six heures d'ensoleillement par jour.



Des pots adaptés

Un seau, une vieille boîte de conserve, un pot en terracotta... N'importe quel récipient peut se tranformer en pot à condition que son fond soit percé de trous : il est en effet impératif de laisser l'excès d'eau d'arrosage s'échapper pour empêcher les racines de moisir. La dimension de votre pot dépendra de ce que vous voudrez y faire pousser. De manière générale, plus le pot est haut et large, mieux il permettra aux racines de votre plante de se développer.

Pour les plantes aromatiques comme la menthe, le thym et le persil, ainsi que les salades que vous souhaitez récolter comme jeunes pousses, une petite jardinière rectangulaire de 30 cm de long et 15 cm de haut est suffisante. Pour la plupart des légumes, privilégiez cependant des pots d'au moins 50 cm de hauteur et de largeur : ce sont les dimensions des pots que j'utilise pour les tomates, poivrons, blettes et les salades.

Si vous n'avez pas d'expérience en jardinage, pourquoi ne pas commencer par une petite jardinière facile à gérer et quelques herbes pour gagner en confiance avant d'investir dans des pots plus larges ?



Du terreau

Une régle d'or : pas de terre de votre jardin dans vos jardinière, celle-ci étant bien trop compacte pour permettre un développement et une oxygénation adéquats des racines. Utilisez plutôt un terreau spécialement formulé pour la culture en pots. Lorsque j'ai commencé à jardiner ici aux Etats-Unis, j'ai d'abord utilisé du terreau inorganique de la marque Miracle-Gro à qui j'ai vite fait un reproche, celui de contenir un engrais à absorption rapide. La présence de cet engrais se traduit par une croissance des plantes à la vitesse grand V pendant une courte durée, suivie de son arrêt soudain et complet. Il faut alors rajouter de l'engrais à absorption rapide pour stimuler de nouveau la croissance... Le cercle vicieux continue.

Depuis le printemps dernier, j'utilise donc un mélange composé d'une part de terreau sans tourbe, le Container Blend Potting Soil de la marque Organic Mechanics et d'une part de compost. Vous pouvez bien entendu utiliser votre compost maison mais depuis que je réserve le mien pour mon jardin en terre, je suis devenue une inconditionnelle du compost de homard du Maine de la marque Coast of Maine qui est particulièrement doux, fin et aéré et disponible à bon prix chez Whole Foods. Je remplis mes pots de ce mélange, y sème mes graines de salades ou mes jeunes plants de tomates, saupoudre le tout d'un engrais bio à diffusion lente (celui de Dr. Earth est d'excellente qualité) et le tour est joué. Je ne connais hélàs pas les produits disponibles en France mais je fais confiance aux jardiniers confirmés pour partager leurs bons plans dans les commentaires.



La deuxième partie est ici.

Monday, May 21, 2012

Pancakes à la farine semi-complète



La farine blanche ? Une amie proche. La farine complète ? Une bonne copine. La farine semi-complète ? Hum, en voilà une à qui on ne m'avait pas présentée. Elle était pourtant là, vêtue d'un simple habit beige fièrement estampillé AB, me saluant timidement depuis le rayon bio d'un magasin Carrefour. Curieuse, j'en ai donc pris un paquet, songeant déjà aux pancakes que j'avais promis à ma maman le lendemain matin. Par chance, une petite bouteille de lait ribot breton m'attendait sagement au rayon frais et je l'ai donc saisie, me réjouissant à l'avance à l'idée de partager un peu de mon univers gourmand avec ma famille.

Le soir-même, j'ai mis la farine semi-complète à tremper dans le lait ribot, tout comme me l'avait suggéré ce livre découvert l'an passé. En laissant fermenter les farines (semi) complètes on optimiserait ainsi la biodisponibilité des nutriments. Soit. Ce qui est sûr, c'est que le trempage atténue l'amertume de la farine de blé complète que certains (hello Jonathan) peuvent trouver désagréable. Le lendemain, c'est donc avec fierté que j'ai servi ces pancakes moelleux au goût de noisette à ma famille ; nous les avons accompagnés de sirop d'érable de Pennsylvanie, en regardant les arbres du jardin depuis la table du petit déjeuner.

Si mon séjour en France a pris fin, le paquet aux couleurs sobres, lui, m'a suivie en Amérique. Ici aussi, il fait de fabuleux pancakes que je tartine désormais de beurre d'érable tiède* pour un petit-déjeuner ultra gourmand. Jonathan aussi a succombé à son charme : la farine semi-complète, une nouvelle amie ?

*Le beurre d'érable est exactement ce que vous imaginez, du concentré de sirop d'érable à la saveur tout aussi concentrée. Une folie. La Maison Brien m'en avait offert il y a plusieurs années mais j'ignore pourquoi avoir tant attendu avant d'en ouvrir le bocal. La peur d'une addiction, sans doute.

Pancakes à la farine semi-complète

Ingrédients pour 20 à 25 pancakes
250 g de farine semi-complète
500 mL de lait ribot
2 oeufs
30 g de beurre fondu
2 cuillères à soupe de sucre
1 cuillère à café de bicarbonate de soude
1 cuillère à café de sel
Préparation

La veille, mélanger la farine et le lait ribot dans un grand bol, couvrir et laisser reposer une nuit à température ambiante.

Le lendemain, ajouter les œufs, le bicarbonate, le sucre et le sel, puis incorporer le beurre fondu. Faire fondre une noix de beurre dans une grande poêle anti-adhésive chauffée à feu moyen. Lorsque la poêle est bien chaude (une goutte d'eau versée à sa surface doit s'évaporer en crépitant), verser des petites loucheés de pâte espacées de 1 à 2 cm. Lorsque des bulles se forment à la surface des pancakes, retourner et faire cuire la deuxième face pendant 1-2 minutes supplémentaires. Continuer ainsi jusqu'à épuisement de l'appareil.

Empiler les pancakes sur une assiette et servir accompagné de sirop d'érable ou de compote.

Tuesday, May 8, 2012

Lâcher prise



Faire la sieste un mardi matin.
Boire un expresso à 20 heures.
Finir son petit déjeuner à midi.
Commander un chocolat chaud.
Partager un croissant.
Reprendre un macaron.
Déboucher une bouteille de Pop.
Observer les passantes.
Trouver une nouvelle écharpe.
Ne pas songer à demain.

Tuesday, April 17, 2012

Au supermarché turc : la mélasse de grenade



La mélasse de grenade, nar ekşisi en turc, vous connaissez peut-être : c'est ce sirop acide aux notes fruitées que l'on retrouve dans plusieurs cuisines du Moyen-Orient, du Liban à l'Iran, en passant bien sûr par la Turquie. Amatrice de saveurs acidulées, j'aime m'en servir une cuillère, pour le plaisir de sentir mes paupières cligner, mais je l'utilise aussi partout où je recherche une pointe d'acidité, dans une vinaigrette ou une marinade, par exemple. Je l'apprécie particulièrement sur les aubergines grillées et le taboulé turc, kısır, dont c'est l'indétournable ingrédient. Lorsque vous le chercherez, dans les épiceries turques, prenez néanmoins bien garde à ne pas repartir avec une version sucrée de cette mélasse : si l'étiquette vous parle d'une sauce, sos en turc, ou de sirop de glucose, passez votre chemin et tentez votre chance sur sur le web. Reste sinon à remplacer le précieux liquide par du jus de citron.

Sunday, April 8, 2012

Le jour où je suis devenue Américaine



C'était une belle journée de printemps, le soleil avait été de la partie et, après un hiver inhabituellement long et rigoureux, je portais de nouveau ma veste en velours. Nous étions un peu plus de soixante ce jour-là, 62, je crois, originaires d'une trentaine de pays avec pour seul point commun celui d'asssiter à notre cérémonie de naturalisation. Certains étaient venus en famille, d'autres seuls. Je me souviens de cette jeune fille d'origine iranienne, de son fard à paupières bleu coordonné à sa tenue, de ses sandales à talons hauts et de son grand sourire sur les photos. A côté de moi, une mère de famille bengalie qui reniflait bruyamment et, derrière, sur le côté, deux enfants asiatiques qui ne voulaient pas tenir assis.



La cérémonie était dirigée par un juge, un Noir Américain à la bedaine imposante et à l'humeur joviale. Un an plus tard, je ne me souviens que de quelques bribes de cette cérémonie. Je sais que nous avons regardé quelques vidéos, un message du Président Obama nous souhaitant la bienvenue en tant que citoyens américains, nous avons aussi chacun eu droit à une copie de la déclaration d'indépendance, puis à une brochure mettant à l'honneur de célèbres immigrés naturalisés, Albert Einstein y figurait, ainsi qu'un petit drapeau américain.



Qu'est-ce qui pousse un jour une personne à quitter son pays d'origine, sa famille, sa culture, ses racines ? Pour les plus chanceux, dont je fais partie, les raisons sont simples : une opportunité professionnelle, la curiosité, une rencontre. Pour d'autres, j'imagine les raisons plus complexes et douloureuses. J'ai interprété, à tort ou à raison, l'excitation manifeste de certains candidats à la naturalisation comme une victoire sur un passé. Pour moi, il s'agissait de la suite naturelle des choses.



Jonathan avait été ému par la cérémonie, moi aussi, et puis nous avons du écouter cette chanson. Le juge a conclu la cérémonie en déclarant que le pays avait la chance de nous avoir comme citoyens, les Etats-Unis est un pays de mutts*, a t'il dit, et c'est ce qui fait son charme et sa force. Avant de quitter la salle, j'ai pris le temps de m'inscrire sur les listes électorales et puis nous sommes allés déjeûner, Jonathan et moi, chez Chipotle où, foulard autour du cou, j'ai mangé un burrito.

*bâtard, en parlant d'un chien. Le mot mutt est quand même plus joli.

Sunday, April 1, 2012

Au supermarché turc : pekmez



Le pekmez est un épais sirop bordeaux obtenu par réduction du moût de raisin, une sorte de mélasse de raisin, en somme. Légèrement acidulé, il apporte du pep's aux yaourts et nappe avec bonheur les pancakes du week-end. Il se marie très bien avec le tahini, si bien qu'on les mélange traditionnellement en Turquie pour en faire une trempette ou dip. Dans ma cuisine, je m'amuse à en verser quelques filets sur des tranches de challah recouvertes de tahini et, lorsque j'ai fini mes tartines, j'aime promener mon doigt dans le pekmez qui recouvre alors mon assiette... C'est un aliment énergétique à qui on prête de nombreuses propriétés thérapeutiques : il renforcerait le système immunitaire, régulerait le taux de sucre dans le sang et préviendrait certains désordres sanguins. On peut l'utiliser en pâtisserie, pour réveiller des gâteaux autrement trop sages, en gardant néanmoins en tête que les gâteaux au pekmez se conservent moins longtemps que les gâteaux au sucre. Le pekmez justifie à lui seul le déplacement dans une épicerie turque : si vous en trouvez, n'hésitez pas à venir partager le fruit de vos essais avec moi, à moins que vous ne préféreriez, vous aussi, y tremper simplement le doigt.

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