Monday, December 30, 2013

Gâteau au yaourt, cranberries et citron

Thank

Toc, toc, il y a quelqu'un ? Oh, oui, bonjour ! Je profite de cette période un peu étrange entre Noël et le jour de l'an pour sortir de ma torpeur et donner quelques nouvelles. Les deux derniers mois ont filé à une incroyable allure : mes journées sont en effet bien remplies, entre le travail, que j'ai repris début novembre, les "flying bisous" du matin, la préparation quotidienne des lunch boxes, les "bisous hugs" du soir, les dîners en famille avec ma mère, qui est venue nous aider pendant quelques semaines (merci maman !) et mon dernier projet de couture, je n'ai pas toujours l'énergie de venir ici. C'est dommage car ce ne sont pas les idées de recettes qui me manquent ! Tenez, hier après-midi, par exemple, j'ai profité de quelques minutes de temps libre pour préparer un gâteau aux cranberries fraîches. J'adore les cranberries, leur jolie couleur et leur petite pointe d'acidité qui vient égayer les papilles. Elles se marient tres bien avec le citron, que l'on retrouve également dans dans cette version festive du gâteau au yaourt. Un gateau tout simple à servir au petit-déjeuner.

Gâteau au yaourt, cranberries et citron

Ingrédients
130 g de farine
65 g de semoule de maïs (corn flour, de préférence bio ou organic pour éviter les OGM)
125 g de sucre
1/2 cuillère à café de sel
2 cuillères à café de levure chimique
Le zeste d'un citron
Le jus d'un-demi citron
200 g (120 mL) de yaourt
2 œufs
80 mL d'huile d'olive
140 g de cranberries fraîches ou surgelées
Préparation

Préchauffer le four à350°F (180°C). Dans une jatte, mélanger les farines avec le sel, la levure et le zeste de citron. Dans une autre jatte, fouetter le jus de citron avec le yaourt, le sucre, les œufs et l'huile d'olive jusqu'à obtenir un mélange homogène. Verser le mélange dans la première jatte et, à l'aide d'un fouer, incorporer délicatement la farine  (attention à ne pas trop travailler l'appareil). Incorporer les cranberries, puis verser dans un moule à cake bien beurré. Glisser au four pendant 50-55 minutes ou jusqu'à ce que la surface du gâteau soit bien doré et qu'un cure-dent inséré dans le gâteau en ressorte presque sec. Laisser refroidir sur une grille avant de démouler et servir.

Qu'on se le dise

Promis, ma prochaine recette ne sera pas une autre variation autour du gâteau au yaourt.

Sunday, November 17, 2013

L'assiette américaine de Sheryl (Nouvelle Calédonie)

C'est une assiette américaine un peu particulière que je vous propose de découvrir aujourd'hui puisqu'il s'agit de celle de Sheryl, une Américaine installée... en Nouvelle Calédonie ! En dépit de l'incroyable distance qui nous sépare, nous avons la chance de nous être régulierement vues au cours de ces dernières années et d'être ainsi devenues de veritables amies. Lorsqu'elle retourne en Pennsylvanie, Sheryl ne manque jamais de me ramener des oeufs Kinder de Nouvelle Zélande tandis que je lui fais cadeau de cranberries sèches à ramener sur son île. Lorsque nous nous revoyons, c'est au mall de King of Prussia où nous partons à la recherche d'un nouveau rouge à lèvres chez Neiman Marcus avant de déjeuner chez Peace a Pizza ou chez Cheesecake Factory. Sheryl est une personne radieuse, sa bonne humeur est contagieuse et je suis ravie qu'elle ait accepté partage un peu de son exotique quotidien avec nous.


Sheryl et moi au mall de King of Prussia en 2012

Peux-tu te présenter en quelques lignes ? Depuis combien de temps vis-tu en Nouvelle-Calédonie? 

Je suis née en Nouvelle-Angleterre (Maine) mais après que mon père ait mis fin à sa carrière militaire, nous sommes rentrés vivre dans la région d’origine de mes parents, c’est à dire au « Pennsylvania Dutch Country » dans le comté de Lebanon. Après avoir vécu un peu partout aux USA, l’Europe, l’Afrique et dans le Pacifique nord, nous vivons en Nouvelle Calédonie depuis 22 ans. J’ai rencontré Estelle quand une collègue franco-canadienne qui suivait ce blog y a aperçu une mention des whoopie pies et snickerdoodles (mots et recettes qu’elle avait appris par moi) et est venue me dire qu’il fallait absolument que je lise ce blog car « c’est une française qui vit chez toi ».

D'un point de vue gourmand, qu'as-tu trouvé difficile en t'installant en Calédonie ? 

A l’epoque (1991), le maigre choix d’ingrédients qui étaient souvent de qualité médiocre, l’absence totale de produits nord-américains (tout était importé de l’Europe) et les prix. Bien qu’il y ait eu une amélioration significative depuis ces dernières années en ce qui concerne les deux premiers problèmes, surtout après l’ouverture de l’importation à des produits provenant de la Nouvelle Zélande et de l’Australie, les prix posent toujours un sérieux problème car ils sont, au minimum, de deux à dix fois plus chers que ceux en métropole.

 Où fais-tu aujourd'hui tes courses ? As-tu découvert des produits dont tu ne peux désormais plus te passer ? 

Pour les courses, le choix est limité : Carrefour/Champion, Géant/Casino (il y a aussi Leader-Price mais je n’en suis pas trop fan). Il faut chaque fois faire le tour de tous les magasins pour pouvoir trouver de bons fruits et légumes locaux ou importés (en saison, les avocats et les letchis sont un vrai régal). La viande locale est assez bonne (et complètement indemne de la maladie de la vache folle) mais très chère aussi. On peut aussi avoir du bon poisson frais mais nous l’avons souvent gratuitement de la part d’un ami pêcheur. Dans notre jardin, nous avons un citronnier, un papayer et des manguiers – ces derniers donnent tellement en saison qu’on n’arrive pas à les manger tous. Et les crevettes calédoniennes n’ont pas d’égal dans le monde entier – elles se vendent au prix fort au Japon, en Europe et en Californie et elles ont la côte auprès des plus grands chefs de France! Nous les achetons par sacs de cinq kilos ! Il y aussi toutes les spécialités culinaires des nombreuses cultures qui forment la Nouvelle Calédonie – comme les galettes de lentilles indonésiennes ou des nems vietnamiens qu’on achète dans les petites épiceries du quartier.

Et quelles gourmandises glisses-tu dans ta valise après une visite aux USA ?

Cela vous semblerait bizarre mais pour nous ce sont des Hershey Kisses, Reese’s Peanut Butter Cups, Reese’s Pieces, Twizzlers, etc. qu’il faut ramener à chaque voyage car même nos petits-enfants nés ici les adorent et les réclament. En plus je ramène des ingrédients que je ne peux pas trouver ici pour faire des pâtisseries américaines, comme le buttermilk powder (lait ribot en poudre), les graham crackers, baking powder (poudre à pâte), marshmallow cream (crème de guimauve), Crisco shortening, light corn syrup (sirop de maïs), icing sugar (sucre glace sans silice) ainsi que des ustensiles tels qu'un sifter (tamis) et les measuring cups and spoons (tasses et cuillères à mesurer) et les caissettes à cupcakes.

Un mot pour finir ?

Je suis si contente d’avoir pu connaître Estelle grâce à son blog car c’est exactement à cause du fait qu’elle est une Américaine née en France et que je suis une Française née en Amérique que nous sommes devenues de véritables amies ;-)

Ah, Sheryl, ton manguier me fait rêver !

Friday, October 18, 2013

Gâteau au yaourt chocolat-noisettes



Un sourire espiègle qui me prend par surprise, le matin, après une nuit hâchée.

Un "sit here, maman" murmuré après l'école, sur le lit de la chambre bleue.

Un large cafe latte avec Susana, sans raison particulière, un vendredi matin.

Un paquet, que je n'attendais pas, qui porte mon nom devant la porte.

Une boule de glace au caramel qu'on offre à une petite fille, comme ça, juste avant de partir.

La vie est pleine de jolie surprises dont je souhaite garder la trace, alors je prends des photos, je noircis des carnets et je viens ici, pour ne pas oublier.

J'aimerais me souvenir de ce gâteau, pourtant né de trois fois rien : une soudaine envie de chocolat, un pot de pâte de noisette et quelques rares minutes de temps libre. A mi-chemin entre le moelleux et le fondant, il a séduit les papilles de ma famille et de mes petits voisins. La recette est simple, la photo prise à la hâte mais le souvenir d'une petite fille aux joues roses qui demande "more gâteau, please" m'est entièrement précieux.

Gâteau au yaourt chocolat-noisettes

Ingrédients
120 mL de yaourt
3 œufs
80 g de sucre
1 cuillère à café d'extrait de vanille
170g de chocolat noir
120 mL de pâte de noisette sucrée (dans les épiceries turques)
125g de farine
2 cuillères à café de levure chimique
1 pincée de sel
60 mL d'huile végétale de votre choix (noisette, colza...)
Préparation

Préchauffer le four à 350°F (180°C) et beurrer un moule à manqué. Faire fondre le chocolat noir au bain-marie, lisser à la maryse et laisser refroidir. 

Dans un grand bol, fouetter le yaourt avec le sucre, puis incorporer les œufs un par un.

Dans un petit bol, mélanger la farine, le sel et la levure. Verser le mélange sec dans le grand bol et mélanger jusqu'à ce que la pâte soit tout juste homogène. Ajouter l'extrait de vanille puis incorporer la pâte de noisette, le chocolat fondu et l'huile végétale à la maryse.

Glisser au four 40 à 45 minutes ou jusqu'à ce que la surface du gâteau soit bien dorée et qu'un cure-dent inséré dans la pâte en ressorte propre. Laisse refroidir sur une grille et déguster.

Note

On peut remplacer la pâte de noisette sucrée par 80 mL de pâte de noisette nature et 40g de sucre supplémentaire.

Sunday, September 22, 2013

L'assiette américaine de Mrs. Tour Eiffel (banlieue de Chicago)

Un mari américain, in blog, deux enfants... Mrs. Tour Eiffel et moi partageons bien des points communs. Plus particulièrement, nous avons toutes les deux appris à cuisiner aux Etats-Unis et la nécessité nous a chacune conduite à retrousser les manches pour retrouver les saveurs de notre terre d'origine (ou pourquoi j'ai tenté la pâte feuilletée maison). Mrs. Tour Eiffel est une vraie gourmande qui a aujourd'hui posé ses valises dans la banlieue de Chicago et elle a accepté de partager avec nous ses bons plans pour bien manger dans sa région.



Peux-tu te présenter en quelques lignes ? Depuis combien de temps vis-tu aux Etats-Unis ?

J'ai grandi en Anjou et je vis dans la Banlieue de Chicago depuis 12 ans, mariée avec un Américain et Maman de 2 petits franco-Amerloques. (Je blogue ici). J'ai rencontré Tetellita grâce à son blog y'a 7-8 ans.

D'un point de vue gourmand, qu'as-tu trouvé difficile en t'installant ici ? 

Trouver des légumes et fruits frais, du fromage français, du bon pain... la même qualité que j'avais dans mon assiette en France. Surtout les pommes, j'avais l'impression qu'elles avaient été polies tellement elles brillaient ! Et puis dans le Midwest, il est très difficile de trouver du poisson frais (à part du poisson chat beurk).

Où fais-tu aujourd'hui tes courses ? As-tu découvert des produits dont tu ne peux désormais plus te passer ?

Au début j'ai beaucoup fait à Dominick's (Safeway), puis quand on a acheté notre maison on s'est retrouvés près d'un Trader Joe's. J'ai alterné entre les deux pendant plusieurs années, et depuis 3 ans, je fais uniquement Trader Joe's - Le rapport qualité prix paie vraiment. J'adore le notre, il est petit, on y trouve ce qu'il faut.... Les fruits sont frais, les légumes aussi. Les enfants partent à la recherche du 'Perroquet' (Peluche cachée dans le magasin, qui si trouvée donne droit à une sucette). J'y trouve des produits de France (haricots verts, lentilles et bettraves), et autres douceurs françaises, et le choix de fromages est grand... Ma fille adore m'aider à y faire les courses car il y a des chariots pour enfants à pousser. Je complète avec la viande et poisson de Costco. Et Target pour le pain des sandwiches de mon ainé et yaourts pour enfants... Et on trouve toujours une excuse pour aller à Target de toute façon mais pour ces denrées ils sont les moins chers !

La population de Chicago compte beaucoup de Polonais, ce qui permet d'acheter quelques mets européens (gâteaux, bonbons [Milka et marque Kinder], et du vrai Nutella européen de temps en temps, bien meilleur que le Nutella produit au Canada).

J'ai decouvert les bleuets (blueberries), et on adore a la maison. Pratiques pour la fameuse lunchbox aussi ! Deux autres trucs dont je ne peux pas me passer: ma MAP - Machine à Pain, pour réaliser les pâtisseries françaises... Mon crockpot*- super pratique le dimanche...

*mijoteuse en français.

Et quelles gourmandises glisses-tu dans ta valise après une visite en France (ou Belgique, Suisse etc) ?

Du nougat, des sauces Amora pour les BBQ, une petite boîte de foie gras, les rillettes de thon (dont les enfants sont friands).... Si tu as une adresse pour en trouver des rillettes de thon, je prends. Sinon je tenterai maison. 

Un mot pour finir ?.) 

Quand je suis arrivée aux USA, je venais de finir mes études et ne savais pas cuisiner, j'ai appris sur le tas ici, car pour reproduire nos mets et pâtisseries francais, il faut se forcer à cuisiner. Et quand vous faites un gâteau, 'from scratch' (donc pas à partir d'1 boîte de kit) vos invités américains seront en extase !! A vos tabliers !!!

Merci Mrs. Tour Eiffel ! Trader Joe's remporte une fois de plus les suffrages pour l'excellent rapport qualité/prix des ses produits, c'est d'ailleurs le seul magasin où je m'approvisionne en poisson, surgelé mais de qualité, ma préférence allant pour les filets de saumon d'Alaska et de sole. Je ne connais hélàs pas d'endroit où trouver des rillettes de thon mais je connais une fabuleuse boutique d'épices à Chicago, une vraie caverne d'Ali Baba qui qui livre partout aux Etats-Unis !

Thursday, September 12, 2013

Tomates Roma rôties

Les journées commencent avec le lever du soleil et, avec la première têtée du matin, je remercie le bébé de ne m'avoir réveillé que deux fois pendant la nuit. L'automne est proche et l'air de la maison s'est rafraichi. J'ai du mal à m'extirper du lit mais le devoir m'appelle, je dois encore préparer la lunchbox de ma fille aînée. Je bois une tasse de Ricoré et, avec un peu de chance, j'ai même le temps de beurrer une tranche d'English muffin avant l'arrivée du bus jaune. J'aide ma fille à enfiler ses baskets fuschia et hop, direction la classe de Kindergarten.



Il y a beaucoup à faire à la maison mais j'ai accepté de vivre avec les livres sur le parquet, les magazines sur le buffet et les piles de linge à ranger. Je me réfugie dans la cuisine, où je vide ou remplis le lave-vaisselle pendant que je Skype avec ma maman. Plus tard, si mon bébé consent à dormir ailleurs que dans mes bras, il m'arrive même de cuisiner. Rien de compliqué, bien sûr, une petite soupe de lentilles, un gâteau à la Pralinoise ou encore quelques tomates rôties à qui je donne rendez-vous dans un panini cet hiver.



Tomates Roma rôties (d'après une recette du hors-série Everyday Food de l'été 2011

Ingrédients
9 tomates peu juteuses de type Roma
2 cuillères à soupe d'huile d'olive
1 cuillère à café de sucre
1 cuillère à café de sel 
Préparation

Couper les tomates en deux dans le sens de la longueur et répartir dans un plat à gratin, de préférence en métal. Arroser les tomates d'huile d'olive (si votre bouteille d'huile d'olive est équipée d'un bec verseur, utilisez-le), saupoudrer de sucre et de sel et glisser au four à 350°F pendant une heure.

Pour des tomates rôties encore juteuses qu'on dégustera, par exemple, avec des pâtes, arrêter alors la cuisson. Pour des tomates plus sèches, pour garnir un panini, par exemple, percer délicatement la surface à l'aide d'une fourchette afin de permettre au liquide restant de s'évaporer. Poursuivre alors la cuisson une heure supplémentaire.

Laisser refroidir. Vous pouvez alors utiliser les tomates rôties ou les transférer au réfrigérateur où elles se conserveront quelques jours. Pour une conservation prolongée, transférer les tomates dans un sachet de congélation.

Friday, September 6, 2013

L'assiette américaine de Frans Schuman (Nouvelle Orléans)

Avant de laisser la parole à Frans, je souhaite vous remercier pour vos bienveillants messages suite à l'annonce de mon dernier billet. Je suis toujours touchée de lire les mots de celles et ceux qui me suivent depuis des années (coucou Sandra, hello Caloue !) et les manifestations de celles et ceux qui me lisent habituellement en silence me vont particulièrement droit au cœur. Merci, merci, merci !

Le blog reprend doucement son rythme et je vous propose aujourd'hui de suivre Frans Schuman dans l'atmosphère gourmande et festive de la Nouvelle Orléans. Frans est musicien, il compose une musique folk envoutante (gros coup de cœur pour Fire Talks For Me que je vous laisse decouvrir ici), il a poursuivi son rêve de vivre à la Nouvelle Orléans après avoir écouté "I Wish I Was in New Orleans (In the Ninth Ward)"  de Tom Waits et regardé "Down By Law" de Jim Jarmush, dans lequel figure une autre chanson de Waits: “Jockey Full Of Bourbon”, sur un travelling qui l’a profondement marqué). Je le laisse vous entrainer dans une ville comme aucune autre...



Peux-tu te présenter en quelques lignes ? Depuis combien de temps vis-tu aux Etats-Unis ? 

Je m’appelle Frans. Je suis Franco Hollandais, j’ai vécu à Londres, Jakarta (Indonésie), Linz (Autriche) et je suis maintenant de New Orleans, soit un total de 8 ans hors de France dont 3 aux Etats Unis. Je suis musicien, je produis mes propres disques de folkmusic que je joue sur scène seul avec une guitare acoustique et un harmonica, ou en groupe.

D'un point de vue gourmand, qu'as-tu trouvé difficile en t'installant ici ? 

Pas grand-chose en réalité. Mais il faut garder à l’esprit que ma situation est particulière. D’abord parce que New Orleans a une place unique dans l’espace culturel et culinaire américain : c’est, je crois, le seul endroit sur le territoire à avoir sa propre cuisine, spécifique au point d’en être un argument touristique. Ensuite je ne suis qu’à moitié français, j’ai donc toujours survécu sans andouillette, pâté de tête ou autre tablier de sapeur.


Cela dit, j’ai eu de vraies discussions alimentaires avec mes amis français, et nos questions tournaient autour du pain, du fromage, du vin et du pastis…

De par son héritage français, New Orleans compte quelques boulangeries, et l’on trouve facilement des baguettes dans les supermarchés. Il en existe de deux sortes : la french baguette similaire à celle que l’on trouve en France et le French bread, une sorte de baguette molle qui est la base du fameux sandwich Poboy (qui a ici son propre festival, mais qu’est ce qui n’a pas de festival à New Orleans ?).

La question du fromage tourne autour du problème de la pasteurisation généralisée, mais je trouve qu’on commence à avoir de plus en plus de choix alternatifs, que ce soit dans des rayons de supermarchés qui ont de moins en moins à rougir d’une comparaison avec le pays du fromage ou chez de véritables fromagers de quartier. Mais il ne faut évidemment pas comparer avec la France.

Pour ce qui est du vin, il faut s’habituer à une appellation par cépage et rappeler à ses amis américains que le champagne californien n’en est pas. Enfin, j’ai remarqué que le seul produit introuvable était le pastis, et c’est vrai que l’ersatz que l’on finit par trouver sur place à une couleur légèrement plus fluo que l’original…

Où fais-tu aujourd'hui tes courses ? As-tu découvert des produits dont tu ne peux désormais plus te passer ?  

J’ai d’abord abandonné le Walmart pour Rouses, une chaine de supermarchés locale (« Louisiana’s Best ! »), avant d’aller à Whole Foods. Il est ensuite difficile de revenir en arrière. C’est même  la première chose qui me manquerait : la diversité des produits organiques, les brosse à dents en pot de yaourt recyclés, les céréales et graines en vrac et au poids, le rayon traiteur, les pâtes à pizza fraiches…

J’ai découvert à New Orleans ce qu’était une vraie crevette et j’avoue que je ne mangerai plus ces mini-crevettes cocktail d’élevage surgelées et sans goût. Aussi et en vrac : le tofu, les baies de goji, les frijoles negro (haricots noirs), les épices et saucisses cajuns, les crawfishs, les crab dips, la bonne sauce barbecue, les noix de pecans, le café américain à emporter dans un travel mug... Et le Tabasco, évidemment, mais j’étais déjà addict en arrivant...

Au delà des produits, ce sont également de véritables recettes que j’ai découvert : gumbo, jambalaya, mufalleta, crawfish etouffée, red beans and rice, king cake, shrimp and grits, fried chicken, pulled pork, corn bread.

Je n’ai pas encore eu l’occasion de tester la variation locale de la dinde de Thanksgiving, symbole d’une gastronomie du sud toute en légèreté : le turducken, qui est une dinde farcie d’un canard farci d’un poulet...

Et quelles gourmandises glisses-tu dans ta valise après une visite en France ? 

Un peu de foie gras, des cèpes et du bon cognac pour mes amis amateurs.

Un mot pour finir ?

Non, deux : Who Dat.


Merci Frans de t'être prêté au jeu de l'interview, ton témoignage me replonge onze ans en arrière, lorsque j'ai moi-meme goûté aux beignets du Café du Monde alors que le festival de la Southern Decadence battait son plein...

Friday, August 23, 2013

En attendant

Je ne sais plus attendre.

C'est une remarque que je me fais régulièrement, lorsque je parcours mon flux Instagram à un feu rouge un peu trop long ou que je feuillette un magazine à la caisse du supermarché. J'ai pourtant du faire preuve de patience au mois de juillet et ré-apprendre à attendre. 31 jours, c'est long !

J'ai donc cueilli des bleuets (2 kilos).
J'ai exploré les rayons de chez Joann.
J'ai cousu un sac.
Je suis tombée amoureuse d'un magazine.
J'ai appris à crocheter !
J'ai découvert une merveilleuse mercerie.
J'ai lu un roman.
J'ai organisé le rez-de-chaussée.
J'ai sollicité des entretiens.
J'ai continué de travailler.

Le mois de juillet a cédé sa place au mois d'août et, à mon étonnement, l'attente s'est poursuivie. Mes collègues et ma famille commençaient à s'impatienter. Eux non plus ne savent plus attendre.

Et puis, par un beau samedi du mois d'août, alors que le soleil commençait à pointer son nez dans un beau ciel dégagé, j'ai compris que l'attente était sur le point de prendre fin.



C'est ainsi que, le samedi 10 août 2013, après neuf mois d'attente, je suis devenue maman d'une deuxième petite fille.

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