Thursday, September 20, 2012

Envies d'automne



Le cidre frais du marché.
Une tarte aux pommes épicée.
Des muffins au petit déjeuner.
Une boisson chaude pour le goûter.
Une paire de bottines.
De nouvelles ballerines.
Les Beekman Boys à la télé.
Des lasagnes pour le dîner.
Ma maman et moi sur le canapé.
Des litres et des litres de thé.

Tuesday, September 11, 2012

Haricots verts (et une pomme de terre) braisés à la tomate



Tous les jours depuis deux mois, je descends cueillir une poignée de haricots dans mon jardin. Il y en a des verts, bien sûr, mais aussi des violets qui deviennent à leur tour verts à la cuisson. Au fil de l'été, je les ai dégustés de bien des façons. Je les ai associés à d'autres légumes, comme dans cette soupe, par exemple, puis à des quartiers de nectarine dans une salade tiède. Je les ai dégustés crus, dans le jardin (un plaisir réservé au jardinier), et je les ai faits rôtir avec des lamelles de poivron rouge et un filet de vinaigre balsamique jusqu'à ce qu'ils brûnissent et caramélisent. Plus récemment, je me suis inspirée des stewed green beans du Sud des Etats-Unis et des fasulye de ma maman pour concocter cette recette.

Dans le Sud des Etats-Unis comme en Turquie, les haricots verts sont cuits longtemps et lentement. Selon Teresa, mon amie du Sud, on ajoute une pomme de terre et une tomate à la cuisson. Selon ma maman, qui a grandi en Turquie, on fait cuire les haricots verts dans beaucoup d'huile d'olive, suffisamment dit-on pour qu'un filet d'huile glisse au coin des lèvres pendant la dégustation. Dans tous les cas, les haricots sont tendres et digestes. Dans ma recette, il y a une pomme de terre, comme dans le Sud, et une tomate râpée, comme chez ma maman. Il y a peu d'huile d'olive, par contre, par respect pour les cols des t-shirts tâchés de mon enfance. Je pousse la cuisson jusqu'à ce que les haricots changent tout juste de couleur, ils doivent prendre une teinte foncée presque kakie, signe qu'ils sont devenus fondants. Préparés de la sorte, les haricots prennent une saveur douce et complexe à savourer une dernière fois avant la fin de l'été.

Haricots verts (et une pomme de terre) braisés à la tomate 

Ingrédients pour 4 épicuriens 
1 cuillère à soupe d'huile d'olive
1 oignon
1 petite tomate râpée
2 gousses d'ail pelées et ecrasées
500g de haricots verts
1 petite pomme de terre (de type Yukon Gold aux Etats-Unis) pelée et coupée en dés
sel et poivre au goût
Préparation

Dans une sauteuse, faire revenir l'oignon dans l'huile d'olive à feu moyen pendant 5 minutes. Ajouter la tomate et les gousses d'ail et laisser cuire 1 minute supplémentaire. Ajouter les haricots verts, la pomme de terre et une cuillère à café de sel, couvrir et laisser mijoter pendant 20 minutes, en remuant de temps en temps, jusqu'à ce que les haricots soient bien tendres. Rectifier l'assaisonnement et servir bien chaud.

Wednesday, September 5, 2012

Thursday, August 23, 2012

Eloge du maïs doux



A l'époque où je ne voyageais qu'avec mes parents, que mes vacances d'été s'étalaient sur d'innombrables semaines et qu'un cornet de glace concluait mes journées, mes après-midis du mois d'août avaient pour cadre une plage de la mer Egée. Le sable y était fin et blond, la mer y était bleue et tiède et, à peine arrivées, ma sœur et moi allions nous précipiter dans les vagues. Après la baignade, lorsque nos cheveux avaient séché et que nos peaux commmençaient à tirer, ma mère nous tendait un goûter, un fruit et quelques biscuits, qui prenaient le goût du sel au contact de nos lèvres. Il arrivait aussi, mais c'était plus rare, que mon père nous achète des épis de maïs bouillis à la sortie de de la plage. Qu'est-ce que c'était bon ! Le vendeur nous laissait choisir les épis qu'il plaçait alors dans des feuilles de maïs. Nous y mordions sur le chemin de la maison et, lorsque nous avions mangé tous les grains, ma sœur et moi extrayions bruyamment le jus tiède et sucré emprisonné dans l'épi.

 *** 

Je m'étais souvent demandé si, en France aussi, on mangeait aussi du maïs bouilli à la plage. A en croire la grimace de ma copine Nadège lorsque j'ai abordé un jour la question en allant au lycée, j'en ai déduit que non.

*** 

 Aux Etats-Unis, on mange du maïs tout l'été, on le retrouve à tous les barbecues aux côtés d'autres délices estivaux comme les hot dogs et les hamburgers, les tranches de pastèque et le cole slaw. Le maïs ici a la couleur du beurre, il est encore plus doux et cuit encore plus vite qu'en Turquie. Une fois débarassé de ses feuilles, il suffit seulement de 10 minutes de cuisson dans une grande quantité d'eau bouillante pour qu'il me rappelle les vacances. Si la cuisson à l'eau vous repousse, placez le maïs avec ses feuilles directement sur le barbecue ou dans un four préchauffé (non, les feuilles ne brûleront pas). Le maïs est prêt lorsque les feuilles commencent à noircir. Quel que soit le type de cuisson choisi, je vous garantis une chose : il y aura du jus coincé dans l'épi, aspirez-le, vous verrez, c'est délicieux.

Préférez les épis de maïs bio (organic) pour éviter les OGM et consommez le plus vite possible après l'achat avant que les sucres ne se transforment en amidon.

Monday, August 6, 2012

La soupe aux légumes du jardin



Un jour, lorsque j'avais 8 ou 9 ans, ma tata Vivian, celle qui vit en Allemagne (pour être honnête, je n'en ai pas d'autres) m'a offert une trousse à crayons comme celles qu'utilisent les écoliers allemands. C'était une sorte de pochette rectangulaire rouge qui, lorsqu'on en ouvrait la fermeture éclair, dévoilait d'un seul coup tout son contenu. Sur le pan de gauche, il y avait, entre autres, une petite gomme en plastique lisse rose, un crayon à papier à la pointe bien taillée et une petite règle transparente (elle ne devait pas dépasser 20 cm) tandis que, à droite, huit feutres, si je me souviens bien, avaient soigneusement étés rangés par couleur, le jaune à une extrémité et le noir à l'autre. Chaque accessoire était retenu par un ruban élastique blanc, ce qui permettait, à ma plus grande satisfaction, d'ajuster tous les feutres à la même hauteur.

Des que l'ai prise en main, je n'ai eu qu'une seule hâte : celle d'amener ma nouvelle trousse en classe. Ma maman, elle, ne le voyait pas de cet œil. "Tu l'utiliseras quand tu entreras en sixième" a t'elle décrété et la trousse est allée, à mon plus grand regret, rejoindre le reste des fournitures scolaires dans l'armoire coulissante située sous l'escalier de la maison. De temps en temps, je la sortais quand même de sa cachette pour savourer le bruit que faisait la grosse fermeture éclair lorsqu'on l'ouvrait et admirer ma jolie gomme, que les râtures n'avaient pas encore courbées, et mes feutres bien alignés. Je remettais alors la trousse à sa place, comme une petite fille sage et obéissante.

Le jour de la rentrée au collège a fini par arriver. J'étais grande maintenant et, en ce jour ensoleillé,  je portais une jupe en jean comme les filles à la mode de l'époque, un t-shirt à manches courtes et un sweat-shirt savamment jeté sur les épaules (une idée de ma mère). Fébrile, je suis allée chercher ma trousse sous l'escalier. Je l'ai ouverte, comme je l'avais fait tant de fois avant, avec cette fois l'intention d'en utiliser le contenu. J'ai libéré quelques feutres de l'emprise des élastiques, j'étais sur le point de faire un dessin lorsque j'ai du me rendre à l'évidence : les feutres avaient séché.

***

Lorsqu'on a un jardin, c'est très tentant d'attendre le bon moment pour cuisiner sa récolte. Une Ronde de Nice, d'accord, mais je prefererais en avoir deux pour le dîner. Une poignée de tomates cerise ? Il y en aura d'autres demain, je ferai un crumble lorsqu'il y en aura assez. Attendre, croyez-moi, c'est le meilleur moyen de transformer sa précieuse récolte en compost. Lorsque je rentre du jardin avec de modestes quantités de légumes, plus question d'attendre "d'en avoir assez" pour en savourer les saveurs, je prépare une soupe inspirée du minestrone italien et tant pis si la saveur de la courgette se perd un peu dans le bouillon, les courgettes farcies peuvent bien attendre.

La soupe aux légumes du jardin

Ingrédients pour 4 épicuriens
1 cuillère à soupe d'huile d'olive
1 cuillère à soupe de concentré de tomate
2 gousses d'ail écrasées
1 branche de romarin
3 à 4 branches de thym
3-4 pointes de couteau de piment d'Espelette (ajuster en fonction du goût)
1 oignon finement émincé
les côtes d'1/2 botte de blettes coupée en rondelles
1 carotte pelée et coupée en rondelles
1 courgette pelee et coupée en dés
600 g de pommes de terre pelées et coupées en dés
100 de haricots (beurre, verts ou violets) coupés en trois
1 litre environ d'eau ou de bouillon­ 
sel et poivre au goût
 Préparation 

Dans un faitout, faire revenir l'oignon, la carotte et les côtes de blettes dans l'huile d'olive à feu moyen jusqu'à ce que l'oignon soit transclucide, 5 minutes environ. Ajouter l'ail, faire revenir 1 minute supplémentaire, puis ajouter le concentré de tomates, les herbes et le piment, ainsi que la courgette, les pommes de terre et les haricots. Verser suffisamment d'eau ou de bouillon de légume de sorte à couvrir les légumes, porter à ébullition puis laisser mijoter jusqu'à ce que les pommes de terre soient tendres. Rectifier l'assaisonnement et servir bien chaud.

Confession

Je viens de découvrir le piment d'Espelette et son petit goût fumé : mais comment faisais-je avant ?

Wednesday, July 25, 2012

Frozen yogurt à la mûre



Bon, j'avoue, j'ai un petit problème de modération avec les fruits de saison. J'ai vraiment beau essayer (en fait non, je n'essaie même plus), je suis incapable de résister à un arbre rempli de griottes ou à un champs plein de bleuets : j'en remplis mes sacs jusqu'à en casser les poignées et mes caissettes jusqu'à ne plus pouvoir les porter (ma limite semble se situer aux alentours de 5 kilos, c'est d'ailleurs pour ça que je ne me déplace jamais sans poussette). Jonathan a maintenant l'habitude de me voir rentrer de cueillette les bras remplis de fruits frais et il me fait désormais confiance pour leur trouver une place au frigo, un détail auquel je ne pense pas toujours lorsque je suis dans les arbres.

Ma dernière aventure fruitière remonte à une dizaine de jours. C'était un vendredi, jour de marché dans notre ville, à l'heure exacte où les producteurs sont priés de ranger leurs étals. Nous avions tout juste fini nos courses - quelques courgettes, des pommes de terre, les premières tomates de la saison - lorsque mon œil de gourmande a aperçu deux cagettes de mûres prêtes à se faire remballer. Les mûres se conservent mal, je le sais bien, alors j'ai demandé à a vendeuse, une jeune femme brûne un peu timide, si elle était prête à accepter une offre pour une caissette de 12 pintes. Elle m'en a demandé 20$, je lui en ai proposé 15. Deal. Je suis la digne fille de mon père.

Les mûres les plus juteuses ont fini dans ma bouche avant même de franchir le seuil de la maison. Il me restait alors trois kilos de fruits que j'ai respectivement congelé, mis en bocal et turbiné. J'adore transformer les mûres en frozen yogurt : c'est beau (cette couleur !), frais, crémeux sans être lourd et, surtout, surtout, très agréable en bouche puisque les petites graines des fruits sont éliminées en cours de préparation. Une jolie recette pour un goûter dans l'herbe.

Yaourt glacé à la mûre (d'après Orangette)

Ingrédients
450 g (1 lb) de mûres
170 g (3/4 cup) de sucre
2 cuillères à café de vodka ou d'un autre alcool fort
240 mL (1 cup) de yaourt
1 1/2 cuillère à café de jus de citron
Préparation

Dans un grand bol, mélanger les mûres avec le sucre et l'alcool et laisser macérer 1h à température ambiante. Mixer puis faire passer le mélange à travers un tamis. Ajouter le yaourt et le jus de citron et laisser reposer au moins 1h et jusqu'à une nuit au réfrigérateur. Le lendemain, faire prendre le mélange en sorbetière, verser le yaourt glacé dans un récipient hermétique et transférer au congélateur.

Note

L'alcool empêche le frozen yogurt de cristalliser, libre à vous de ne pas l'utiliser.

Wednesday, July 11, 2012

Le gratin d'abricots d'Alain Ducasse



J'ai deux rendez-vous aujourd'hui, l'un en début de matinée, l'autre en fin d'après-midi. Entre les deux, une belle plage de temps libre que j'espère bien remplir de plaisir. Je pense à un pique-nique dans l'herbe, à l'ombre d'un arbre, suivi, pourquoi pas, d'un café en terrasse d'où, les jambes croisées, je regarderais les passants. J'aimerais aussi aller au verger voisin, celui où je cueille chaque été des kilos et des kilos de bleuets et où on trouve aussi de superbes abricots, de petits fruits dorés aux joues rouges dont je ne fais qu'une bouchée. J'aime quand ils sont tout juste mûrs, lorsque leur chair, d'abord acide, s'attendrit et libère des arômes de miel, vous savez, autour du noyau.

Je cuisine l'abricot très simplement. Une compotée. Un clafoutis. Un gratin. J'aime la délicatesse du gratin d'abricots d'Alain Ducasse, celui dont vous trouverez la recette dans le livre Nature desserts : Simple, sain et bon avec moins de sucre. Il n'y a même pas de sucre dans ce gratin, tout juste un peu de miel pour adoucir le fruit. Il y a de l'amande, par contre, et un peu d'amaretto aussi. Leurs discrètes saveurs laissent s'exprimer la vraie star de l'été : l'abricot parfait.

Gratin d'abricots d'après Alain Ducasse

ngrédients
8 abricots
2 x 1 cuillère à soupe de miel, de préférence de lavande
2 x 1 cuillère à soupe d'amandes effilées
1 œuf
3 cuillères à soupe de poudre d'amande
1 cuillère à soupe de farine
1 cuillère à soupe de crème liquide
2 cuillères à soupe d'amaretto 
Préparation 

Préchauffer le four à 180°C (350°F) Découper les abricots en deux puis en quartiers, mettre dans un bol et ajouter 1 cuillère à soupe de miel et 1 cuillère à soupe d'amandes effilées. Laisser macérer 20 minutes. Pendant ce temps, mélanger l'œuf avec la poudre d'amande, la farine, la crème liquide, l'amaretto ainsi que la cuillère de miel restante. Verser dans un moule à tarte et bien étaler à l'aide d'une spatule. Disposer les quartiers d'abricots bien régulièrement dans la garniture et glisser au four pendant 30 minutes. Le gratin est prêt lorsque la crème d'amandes a pris et que la pointe des abricots commence à dorer. Déguster tiède.

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