Sunday, September 22, 2013

L'assiette américaine de Mrs. Tour Eiffel (banlieue de Chicago)

Un mari américain, in blog, deux enfants... Mrs. Tour Eiffel et moi partageons bien des points communs. Plus particulièrement, nous avons toutes les deux appris à cuisiner aux Etats-Unis et la nécessité nous a chacune conduite à retrousser les manches pour retrouver les saveurs de notre terre d'origine (ou pourquoi j'ai tenté la pâte feuilletée maison). Mrs. Tour Eiffel est une vraie gourmande qui a aujourd'hui posé ses valises dans la banlieue de Chicago et elle a accepté de partager avec nous ses bons plans pour bien manger dans sa région.



Peux-tu te présenter en quelques lignes ? Depuis combien de temps vis-tu aux Etats-Unis ?

J'ai grandi en Anjou et je vis dans la Banlieue de Chicago depuis 12 ans, mariée avec un Américain et Maman de 2 petits franco-Amerloques. (Je blogue ici). J'ai rencontré Tetellita grâce à son blog y'a 7-8 ans.

D'un point de vue gourmand, qu'as-tu trouvé difficile en t'installant ici ? 

Trouver des légumes et fruits frais, du fromage français, du bon pain... la même qualité que j'avais dans mon assiette en France. Surtout les pommes, j'avais l'impression qu'elles avaient été polies tellement elles brillaient ! Et puis dans le Midwest, il est très difficile de trouver du poisson frais (à part du poisson chat beurk).

Où fais-tu aujourd'hui tes courses ? As-tu découvert des produits dont tu ne peux désormais plus te passer ?

Au début j'ai beaucoup fait à Dominick's (Safeway), puis quand on a acheté notre maison on s'est retrouvés près d'un Trader Joe's. J'ai alterné entre les deux pendant plusieurs années, et depuis 3 ans, je fais uniquement Trader Joe's - Le rapport qualité prix paie vraiment. J'adore le notre, il est petit, on y trouve ce qu'il faut.... Les fruits sont frais, les légumes aussi. Les enfants partent à la recherche du 'Perroquet' (Peluche cachée dans le magasin, qui si trouvée donne droit à une sucette). J'y trouve des produits de France (haricots verts, lentilles et bettraves), et autres douceurs françaises, et le choix de fromages est grand... Ma fille adore m'aider à y faire les courses car il y a des chariots pour enfants à pousser. Je complète avec la viande et poisson de Costco. Et Target pour le pain des sandwiches de mon ainé et yaourts pour enfants... Et on trouve toujours une excuse pour aller à Target de toute façon mais pour ces denrées ils sont les moins chers !

La population de Chicago compte beaucoup de Polonais, ce qui permet d'acheter quelques mets européens (gâteaux, bonbons [Milka et marque Kinder], et du vrai Nutella européen de temps en temps, bien meilleur que le Nutella produit au Canada).

J'ai decouvert les bleuets (blueberries), et on adore a la maison. Pratiques pour la fameuse lunchbox aussi ! Deux autres trucs dont je ne peux pas me passer: ma MAP - Machine à Pain, pour réaliser les pâtisseries françaises... Mon crockpot*- super pratique le dimanche...

*mijoteuse en français.

Et quelles gourmandises glisses-tu dans ta valise après une visite en France (ou Belgique, Suisse etc) ?

Du nougat, des sauces Amora pour les BBQ, une petite boîte de foie gras, les rillettes de thon (dont les enfants sont friands).... Si tu as une adresse pour en trouver des rillettes de thon, je prends. Sinon je tenterai maison. 

Un mot pour finir ?.) 

Quand je suis arrivée aux USA, je venais de finir mes études et ne savais pas cuisiner, j'ai appris sur le tas ici, car pour reproduire nos mets et pâtisseries francais, il faut se forcer à cuisiner. Et quand vous faites un gâteau, 'from scratch' (donc pas à partir d'1 boîte de kit) vos invités américains seront en extase !! A vos tabliers !!!

Merci Mrs. Tour Eiffel ! Trader Joe's remporte une fois de plus les suffrages pour l'excellent rapport qualité/prix des ses produits, c'est d'ailleurs le seul magasin où je m'approvisionne en poisson, surgelé mais de qualité, ma préférence allant pour les filets de saumon d'Alaska et de sole. Je ne connais hélàs pas d'endroit où trouver des rillettes de thon mais je connais une fabuleuse boutique d'épices à Chicago, une vraie caverne d'Ali Baba qui qui livre partout aux Etats-Unis !

Thursday, September 12, 2013

Tomates Roma rôties

Les journées commencent avec le lever du soleil et, avec la première têtée du matin, je remercie le bébé de ne m'avoir réveillé que deux fois pendant la nuit. L'automne est proche et l'air de la maison s'est rafraichi. J'ai du mal à m'extirper du lit mais le devoir m'appelle, je dois encore préparer la lunchbox de ma fille aînée. Je bois une tasse de Ricoré et, avec un peu de chance, j'ai même le temps de beurrer une tranche d'English muffin avant l'arrivée du bus jaune. J'aide ma fille à enfiler ses baskets fuschia et hop, direction la classe de Kindergarten.



Il y a beaucoup à faire à la maison mais j'ai accepté de vivre avec les livres sur le parquet, les magazines sur le buffet et les piles de linge à ranger. Je me réfugie dans la cuisine, où je vide ou remplis le lave-vaisselle pendant que je Skype avec ma maman. Plus tard, si mon bébé consent à dormir ailleurs que dans mes bras, il m'arrive même de cuisiner. Rien de compliqué, bien sûr, une petite soupe de lentilles, un gâteau à la Pralinoise ou encore quelques tomates rôties à qui je donne rendez-vous dans un panini cet hiver.



Tomates Roma rôties (d'après une recette du hors-série Everyday Food de l'été 2011

Ingrédients
9 tomates peu juteuses de type Roma
2 cuillères à soupe d'huile d'olive
1 cuillère à café de sucre
1 cuillère à café de sel 
Préparation

Couper les tomates en deux dans le sens de la longueur et répartir dans un plat à gratin, de préférence en métal. Arroser les tomates d'huile d'olive (si votre bouteille d'huile d'olive est équipée d'un bec verseur, utilisez-le), saupoudrer de sucre et de sel et glisser au four à 350°F pendant une heure.

Pour des tomates rôties encore juteuses qu'on dégustera, par exemple, avec des pâtes, arrêter alors la cuisson. Pour des tomates plus sèches, pour garnir un panini, par exemple, percer délicatement la surface à l'aide d'une fourchette afin de permettre au liquide restant de s'évaporer. Poursuivre alors la cuisson une heure supplémentaire.

Laisser refroidir. Vous pouvez alors utiliser les tomates rôties ou les transférer au réfrigérateur où elles se conserveront quelques jours. Pour une conservation prolongée, transférer les tomates dans un sachet de congélation.

Friday, September 6, 2013

L'assiette américaine de Frans Schuman (Nouvelle Orléans)

Avant de laisser la parole à Frans, je souhaite vous remercier pour vos bienveillants messages suite à l'annonce de mon dernier billet. Je suis toujours touchée de lire les mots de celles et ceux qui me suivent depuis des années (coucou Sandra, hello Caloue !) et les manifestations de celles et ceux qui me lisent habituellement en silence me vont particulièrement droit au cœur. Merci, merci, merci !

Le blog reprend doucement son rythme et je vous propose aujourd'hui de suivre Frans Schuman dans l'atmosphère gourmande et festive de la Nouvelle Orléans. Frans est musicien, il compose une musique folk envoutante (gros coup de cœur pour Fire Talks For Me que je vous laisse decouvrir ici), il a poursuivi son rêve de vivre à la Nouvelle Orléans après avoir écouté "I Wish I Was in New Orleans (In the Ninth Ward)"  de Tom Waits et regardé "Down By Law" de Jim Jarmush, dans lequel figure une autre chanson de Waits: “Jockey Full Of Bourbon”, sur un travelling qui l’a profondement marqué). Je le laisse vous entrainer dans une ville comme aucune autre...



Peux-tu te présenter en quelques lignes ? Depuis combien de temps vis-tu aux Etats-Unis ? 

Je m’appelle Frans. Je suis Franco Hollandais, j’ai vécu à Londres, Jakarta (Indonésie), Linz (Autriche) et je suis maintenant de New Orleans, soit un total de 8 ans hors de France dont 3 aux Etats Unis. Je suis musicien, je produis mes propres disques de folkmusic que je joue sur scène seul avec une guitare acoustique et un harmonica, ou en groupe.

D'un point de vue gourmand, qu'as-tu trouvé difficile en t'installant ici ? 

Pas grand-chose en réalité. Mais il faut garder à l’esprit que ma situation est particulière. D’abord parce que New Orleans a une place unique dans l’espace culturel et culinaire américain : c’est, je crois, le seul endroit sur le territoire à avoir sa propre cuisine, spécifique au point d’en être un argument touristique. Ensuite je ne suis qu’à moitié français, j’ai donc toujours survécu sans andouillette, pâté de tête ou autre tablier de sapeur.


Cela dit, j’ai eu de vraies discussions alimentaires avec mes amis français, et nos questions tournaient autour du pain, du fromage, du vin et du pastis…

De par son héritage français, New Orleans compte quelques boulangeries, et l’on trouve facilement des baguettes dans les supermarchés. Il en existe de deux sortes : la french baguette similaire à celle que l’on trouve en France et le French bread, une sorte de baguette molle qui est la base du fameux sandwich Poboy (qui a ici son propre festival, mais qu’est ce qui n’a pas de festival à New Orleans ?).

La question du fromage tourne autour du problème de la pasteurisation généralisée, mais je trouve qu’on commence à avoir de plus en plus de choix alternatifs, que ce soit dans des rayons de supermarchés qui ont de moins en moins à rougir d’une comparaison avec le pays du fromage ou chez de véritables fromagers de quartier. Mais il ne faut évidemment pas comparer avec la France.

Pour ce qui est du vin, il faut s’habituer à une appellation par cépage et rappeler à ses amis américains que le champagne californien n’en est pas. Enfin, j’ai remarqué que le seul produit introuvable était le pastis, et c’est vrai que l’ersatz que l’on finit par trouver sur place à une couleur légèrement plus fluo que l’original…

Où fais-tu aujourd'hui tes courses ? As-tu découvert des produits dont tu ne peux désormais plus te passer ?  

J’ai d’abord abandonné le Walmart pour Rouses, une chaine de supermarchés locale (« Louisiana’s Best ! »), avant d’aller à Whole Foods. Il est ensuite difficile de revenir en arrière. C’est même  la première chose qui me manquerait : la diversité des produits organiques, les brosse à dents en pot de yaourt recyclés, les céréales et graines en vrac et au poids, le rayon traiteur, les pâtes à pizza fraiches…

J’ai découvert à New Orleans ce qu’était une vraie crevette et j’avoue que je ne mangerai plus ces mini-crevettes cocktail d’élevage surgelées et sans goût. Aussi et en vrac : le tofu, les baies de goji, les frijoles negro (haricots noirs), les épices et saucisses cajuns, les crawfishs, les crab dips, la bonne sauce barbecue, les noix de pecans, le café américain à emporter dans un travel mug... Et le Tabasco, évidemment, mais j’étais déjà addict en arrivant...

Au delà des produits, ce sont également de véritables recettes que j’ai découvert : gumbo, jambalaya, mufalleta, crawfish etouffée, red beans and rice, king cake, shrimp and grits, fried chicken, pulled pork, corn bread.

Je n’ai pas encore eu l’occasion de tester la variation locale de la dinde de Thanksgiving, symbole d’une gastronomie du sud toute en légèreté : le turducken, qui est une dinde farcie d’un canard farci d’un poulet...

Et quelles gourmandises glisses-tu dans ta valise après une visite en France ? 

Un peu de foie gras, des cèpes et du bon cognac pour mes amis amateurs.

Un mot pour finir ?

Non, deux : Who Dat.


Merci Frans de t'être prêté au jeu de l'interview, ton témoignage me replonge onze ans en arrière, lorsque j'ai moi-meme goûté aux beignets du Café du Monde alors que le festival de la Southern Decadence battait son plein...

Friday, August 23, 2013

En attendant

Je ne sais plus attendre.

C'est une remarque que je me fais régulièrement, lorsque je parcours mon flux Instagram à un feu rouge un peu trop long ou que je feuillette un magazine à la caisse du supermarché. J'ai pourtant du faire preuve de patience au mois de juillet et ré-apprendre à attendre. 31 jours, c'est long !

J'ai donc cueilli des bleuets (2 kilos).
J'ai exploré les rayons de chez Joann.
J'ai cousu un sac.
Je suis tombée amoureuse d'un magazine.
J'ai appris à crocheter !
J'ai découvert une merveilleuse mercerie.
J'ai lu un roman.
J'ai organisé le rez-de-chaussée.
J'ai sollicité des entretiens.
J'ai continué de travailler.

Le mois de juillet a cédé sa place au mois d'août et, à mon étonnement, l'attente s'est poursuivie. Mes collègues et ma famille commençaient à s'impatienter. Eux non plus ne savent plus attendre.

Et puis, par un beau samedi du mois d'août, alors que le soleil commençait à pointer son nez dans un beau ciel dégagé, j'ai compris que l'attente était sur le point de prendre fin.



C'est ainsi que, le samedi 10 août 2013, après neuf mois d'attente, je suis devenue maman d'une deuxième petite fille.

Thursday, August 8, 2013

L'assiette américaine de Fanfan (Lehigh Valley, Pennsylvanie)

C'est avec grand plaisir que je vous propose aujourd'hui de faire la connaissance d'une personne qui m'est très chère, j'ai nommé Fanfan. Fanfan est la première personne que j'ai rencontrée par l'intermédiaire de ce blog, il y a déjà huit ans : ce qui avait commencé par un échange poli d'e-mails s'est vite transformé en un rendez-vous autour d'une pyramide au chocolat, d'escapades à IKEA et de séances shopping au mall et j'ai aujourd'hui la chance, trois enfants, deux déménagements et plusieurs centaines d'e-mails plus tard, de  compter Fanfan parmi mes amies les plus proches. Les aléas de la vie nous ont eloignées geographiquement mais cela ne nous empêche pas de nous revoir régulierement, que ce soit autour d'un café au Starbucks ou d'un repas chez Seasons 52.



Peux-tu te présenter en quelques lignes ? Depuis combien de temps vis-tu aux Etats-Unis ? 

Je suis aux US depuis plus de 6 ans, je suis mariée à un américain et mère de 2 jeunes enfants. J'habite dans la Lehigh Valley, au nord est de la Pennsylvanie, j'aime de plus en plus cuisiner et partager mes trouvailles avec ma copine Estelle ;).

D'un point de vue gourmand, qu'as-tu trouvé difficile en t'installant ici ?

Sans doute la dose de sucre utilisée non seulement dans les desserts mais aussi dans plein d'autres plats/sauces. Et plus généralement la confirmation que la cuisine américaine standard convient généralement à des papilles moins aventureuses. Mais en fouillant un peu, et grace au melting pot ainsi qu'à Internet, on trouve énormement de choses et on peut s’adapter sans problème.

Où fais-tu aujourd'hui tes courses ? As-tu découvert des produits dont tu ne peux désormais plus te passer ? 

J'ai la chance d'avoir un supermarché Wegmans à 5 min, où il y a un vaste choix de produits de qualité. Ses rayons Nature's Market - produits bios/nature - gagnent du terrain et les prix sont à la baisse. Lorsque j'habitais en banlieue de Philadelphie, j'allais souvent faire mes courses à Trader Joe's mais malheureusement il n'y en a pas par ici. Au printemps et en été je suis très fidèle au farmer's market local. J’achète le plus gros de ma viande a des agriculteurs locaux qui élèvent leurs animaux traditionnellement. Et mon poisson par le biais d'un buying club (achat en gros): Wild For Salmon. Quelque chose dont je ne peux désormais plus me passer : c'est pas un produit mais un mouvement/une facon de cuisiner que j'ai decouvert il n'y a pas si longtemps. Pourtant c’est vieux comme le monde : le mouvement Real Food prône la consommation de nourriture de qualité, préparée traditionnellement à la maison (et à l'usine) pour conserver autant que possible ses qualités nourricières et même curatives. Nos grand-mères connaissaient bien le sujet meme s'il n'avait pas de nom à l'epoque. Il y a beaucoup de blogs sur le sujet, voici un point de départ possible.

Et quelles gourmandises glisses-tu dans ta valise après une visite en France (ou Belgique, Suisse etc) ? 

Pâtés, moutarde (y'en a ici mais pas aussi bonne), produits au cassis, sel de Guérande, palets bretons.

Un mot pour finir ?

Un tres bel exemple de guérison grâce à la nourriture traditionnelle.

Merci Fanfan pour cette interview ! 

Vous trouverez l'adresse du farmers market le plus proche sur le site Local Harvest. Pour plus d'informations sur les méthodes de préparation traditionnelles des aliments, un blog, 100 Days of Real Food, et un livre, Nourishing Traditions.

Monday, July 22, 2013

L'assiette américaine d'Emilie (New York City)

Direction aujourd'hui la Côte Est des Etats-Unis où nous retrouvons Emilie, une jeune Française curieuse et enthousiaste qui a très vite su trouver ses marques à New York. C'est avec plaisir que j'ai lu ses réponses gourmandes et généreuses, bien qu'une question me brûle à présent les doigts : mais quelle est l'adresse de cette pâtisserie où te trouver !?



Peux-tu te présenter en quelques lignes ? Depuis combien de temps vis-tu aux EtatsUnis ?

Je me suis installée à NYC il y a moins d’un an, fin septembre 2012. Je suis ce qu’on appelle "conjoint expatriée" puisque c’est mon mari qui a obtenu un contrat de deux ans dans une université ici. Cela dit, je n’ai pas vraiment subi cette expatriation, car d’une part j’étais prof d’anglais en France donc très intéressée par la culture américaine, et d’autre part j’en ai profité pour tenter un changement de carrière et je travaille désormais dans une pâtisserie. Je fais aussi part de notre quotidien sur un blog.

D'un point de vue gourmand, qu'as-tu trouvé difficile en t'installant ici ?

NYC est très cosmopolite et il y a une grande communauté européenne donc je tombe souvent par hasard sur des produits très familiers. Je ne les achète pas mais je sais qu’ils sont là au cas où ! (et souvent il faudrait y mettre le prix, bien sûr...).

J’essaie de m’adapter un maximum aux produits locaux, et de toute façon je trouve ça plus intéressant de découvrir le "patrimoine" gastronomique américain. Vu de France, on a l’impression que cela se résume aux hot dogs et hamburgers mais c’est bien plus que ça ! Je trouve par exemple qu’il y a beaucoup plus d'options végétariennes ici et il y a une grande influence des cuisines asiatiques et mexicaines.

Alors si je devais trouver une chose difficile, ce serait l'absence de boulangerie à chaque coin de rue. C’est possible de trouver du bon pain, mais il est souvent un peu cher et surtout il faut faire l’effort de faire un détour pour le trouver. Du coup c’est difficile d’en acheter quotidiennement. J’ai donc toujours de la pâte à pain dans le frigo et j’en cuis tous les deux/trois jours (sauf en ce moment avec la canicule !) mais evidemment ça ne vaut pas une bonne baguette !

Où fais-tu aujourd'hui tes courses ? As-tu découvert des produits dont tu ne peux désormais plus te passer ?

J’ai la chance d’habiter près d’un farmer's market qui se tient plusieurs fois par semaine et j’y découvre toujours des légumes ou fruits que je ne connaissais pas (j’ai par exemple découvert les ramps* au printemps...). C’est le cas aussi à Whole Foods qui est très bien implanté ici. J’entends souvent les gens s’offusquer des prix qui y sont pratiqués, mais je suis habituée aux Monoprix parisiens donc ça ne me choque pas... J’ai déjà tenté d’autres supermarchés dont les produits sont de qualité bien moindre et étaient au moins aussi chers que Whole Foods ! Ils ont en plus toujours des promotions très interessantes.

Il y a aussi une épicerie italienne au Chelsea Market qui est une caverne d’Ali Baba où je peux trouver de la poudre d’amandes "à l’Européenne", de la levure fraîche, etc. Et bien sûr je suis une grande fan de Trader Joe’s mais j’ai déménagé il y a quelques mois et celui qui est plus proche de chez moi maintenant est infernal tant il est fréquenté : la file d’attente déborde bien souvent sur le trottoir...

Ce n’est pas très original, mais j’ai désormais toujours du beurre de cacahuètes "crunchy" dans le placard ! J’ai aussi découvert le unsweetened chocolate qui donne une vraie profondeur aux gâteaux au chocolat. Niveau salé, la révélation c’est le brisket, de la poitrine de boeuf fumée au barbecue. C’est plutôt une spécialité des états du sud mais c'est très à la mode à NYC !

*ail des ours en français.

Et quelles gourmandises glisses-tu dans ta valise après une visite en France ?

Je ne suis rentrée qu’une fois en France depuis mon arrivée, mais je passe souvent commande auprès de mes visiteurs ! J’envoie les parisiens chez G. Detou pour me ramener du chocolat de couverture Valrhona ou Barry (que l’on trouve ici mais plus cher...) et des gousses de vanille. J’ai aussi un faible pour le confit de canard et les conserves de la Belle-Iloise !

Un mot pour finir ?

Contrairement aux idées reçues, on peut manger des choses simples et saines ici ! Certes, je pense qu’en France, il est plus facile de trouver de bons produits et que la qualité des produits de "moyenne gamme" est plus élevée qu’ici. Mais en faisant attention aux étiquettes et en évitant au maximum les produits préparés (gare au "high fructose corn syrup" qui se cache un peu partout sinon...), on peut cuisiner des choses délicieuses et pas très chères. Je pensais honnêtement que ce serait plus difficile de s’adapter.

Merci Emilie pour cette balade gourmande dans la Grande Pomme ! Je partage ton avis sur les magasins Whole Foods et Trader Joe's et te conseille le site Honeyville pour la poudre d'amande en gros livrée directement à la maison (PS : leur newsletter offre regulierement des codes de réduction permettant d'économiser 10-20% du montant total du panier).

Thursday, July 11, 2013

L'assiette américaine de Gaëlle (baie de San Francisco)

L'idée m'est venue en parcourant un jour mon Petit guide de survie, ce manuel destiné à vous aider faire la difference entre la heavy cream et la whipping cream : et si je demandais à d'autres Français (et Belges ! et Suisses !) de partager leurs tuyaus et leurs bonnes adresses aux Etats-Unis ? Après tout, mon Petit guide de survie est le reflet de ma sensibilité alimentaire (du fromage ? non merci !) dans un contexte géographique bien défini (la banlieue de Philadelphie) : pourquoi ne pas donc donner la parole à d'autres francophones pour aider de nouveaux expats à eux aussi manger gourmand aux Etats-Unis ? Tout au long de l'été, voire au-delà, si vos retours sont enthousiastes, j'aurai donc le plaisir de publier sur cette page les interviews gourmandes de Français (et Belges ! et Suisses !) des Etats-Unis.

Pour inaugurer cette série, je vous propose de faire connaissance avec Gaëlle, une journaliste française qui vit actuellement en Californie. Gaëlle est co-auteure deux ouvrages consacrés à l'expatriation, Conjoint Expatrié Réussissez Votre Séjour à l'Etranger et L'enfant expatrié : Accompagner son enfant à travers les changements liés à l'expatriation; deux titres qui trouveront, j'en suis certaine, le chemin de votre valise avant votre grande aventure à l'etranger.



Peux-tu te présenter en quelques lignes ? Depuis combien de temps vis-tu aux Etats-Unis ? 

Je m'appelle Gaëlle. Je vis depuis 2000 hors de France, de 2000 à 2003 en Californie (San Diego), de 2004 à 2006 en Ecosse, de 2006 à 2011 dans le New Jersey et depuis 2011 en Californie, dans la baie de San Francisco. Disons en tout environ 10 ans aux USA. Je suis professeure de français, journaliste et maman de 4 enfants de 8 à 16 ans. Je suis mariée à un français depuis 16 ans.

D'un point de vue gourmand, qu'as-tu trouvé difficile en t'installant ici ? 

Mon plus gros problème reste la variété des produits. C'est bien simple, j'ai l'impression de manger toujours la même chose. Rien que dans les viandes, j'aime bien le veau, canard, lapin, chapon, autant de viandes difficiles à trouver ici. Pareil pour les laitages. Même si les offres en fromages commencent à être raisonnables, il est toujours difficile de varier les plaisirs dans les fromages blancs et desserts lactés. Enfin, les petits gâteaux à la française me manquent : tartes à la framboise, religieuses, tartes au chocolat, flan pâtissier, etc.

Où fais-tu aujourd'hui tes courses ? As-tu découvert des produits dont tu ne peux désormais plus te passer ?  

Je fais la plupart de mes courses au supermarché du quartier (Safeway) et à Costco pour la viande et le poisson en gros. J'ai découvert ici le tofu et toutes ses déclinaisons et c'est vrai que maintenant, je l'incorpore à de nombreuses recettes (je n'en ai jamais acheté en France). Je vais régulièrement à Trader Joe's pour les surgelés originaux (légumes verts et chou-fleur, saucisses de poisson, falafel) :  leurs produits changent un peu et permettent un peu de variété.

Et quelles gourmandises glisses-tu dans ta valise après une visite en France ? 

Des rochers Suchard, du chocolat Côte d'Or, des boîtes de pâté, des biscuits Prince.

Un mot pour finir ?

Le conseil, ce serait d'aller voir dans tous les types de magasins et de se faire une idée. Par exemple, pour moi, le meilleur pain ici, c'est les pains à finir de cuire au four de chez Target, ils sont excellents ! On dirait de la vraie baguette comme chez nous :) Il y a aussi les Cost Plus Word Market (si vous avez près de chez vous), on croit que ce sont des magasins de déco, mais ils ont plein de produits alimentaires et beaucoup de petits gâteaux et gourmandises de France (et d'Europe).

Merci Gaëlle ! Psssst, tu trouveras du chocolat Côte d'Or ici...

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