Friday, November 23, 2012

Salade de poulet au curry




Ma maman n'avait pas prévu de me rendre visite cette année. Fin août, c'est mon air fatigué retransmis via Skype qui aurait convaincu mon père de lui offrir un aller-retour pour Philadelphie (merci Skype). Le mois dernier, j'ai donc changé les draps du lit de la chambre bleue et passé l'aspirateur au rez-de-chaussée. J'ai demandé à Jonathan de faire rôtir un poulet et j'ai filé à l'aéroport.

Au cours de ces six dernières semaines, ma maman a rencontré mes collègues américains et ma voisine péruvienne, elle a mangé des sushis, un hamburger et des tamales et elle a bu plein de café. Mon amie Teresa l'a invitée voir le Fantôme de l'Opéra à Broadway et je lui ai fait goûter les macarons new-yorkais de Ladurée. Pour la première fois depuis plus de dix ans, nous avons même célébré ensemble mon anniversaire ; elle m'a offert une très jolie paire de boucles d'oreilles. Elle a cousu le déguisement de Halloween de ma fille et a survécu à l'ouragan Sandy. Elle était là lorsque la nounou est tombée malade et quand Obama a été réélu. Elle était là aussi pour le festin de Thanksgiving.

A la maison, ma maman a goûté à mes macarons et mes pancakes, à mes gaufres et à mes soupes. Elle a aimé la soupe de farro à la butternut et à la pomme mais a boudé la soupe de pommes de terre aux champignons ("tu as aimé, Estelle ?"). Lorsque ma maman aime ce qu'elle mange, elle commence à poser plein de questions. Ai-je fait rôtir mes ingrédients ? Quelle épice ai-je mis dans cette salade ? Y a t'il de la sauce de soja ? Elle m'a beaucoup interrogée sur cette salade de poulet au curry, en voici donc la recette.

Salade de poulet au curry

Ingrédients pour 4 personnes
2 escalopes de poulet avec la peau et les os
2 branches de céleri coupé en tronçons
1 pomme croquante et acidulée de type Gala coupée en dés
60 mL de mayonnaise
40 mL de yaourt
2 à 3 cuillères à café de curry
2 cuillères à café de citron ou de citron vert
2 à 3 poignées de noix de cajou concassées (facultatif)
Sel, poivre
Préparation

Saler et poivrer la surface du poulet. Transférer dans un plat à gratin et enfourner 30 à 45 minutes à 180°C ou jusqu'à ce que la peau soit croustillante et dorée. Retirer du four et laisser refroidir. Pendant ce temps, dans un petit bol, mélanger la mayonnaise, le yaourt, le curry et le jus de citron ou de citron vert. Réserver.

Lorsque le poulet a refroidi, effiler la chair à la main (on peut aussi découper le poulet au couteau mais je trouve que la salade perd alors son côté rustique). Mettre le poulet dans un grand bol avec le céleri et la pomme. Verser le mélange à base de mayonnaise et mélanger. On peut servir la salade aussitôt mais je la trouve meilleure après une heure au réfrigérateur. Saupoudrer de noix de cajou avant de déguster.

Qu'on se le dise

On peut aussi utiliser les restes d'un poulet rôti à la place des escalopes.

Monday, November 5, 2012

Envie de Livres, Automne 2012



Il y a d'abord les jolies nouveautés :

La vérité sur l'Affaire Harry Quebert de Joël Dicker
La nuit a dévoré le monde de Pit Agarmen
Une partie de chasse d'Agnès Desarthe
L'amour sans le faire de de Serge Joncour

Et puis les titres que vous m'avez conseillés :

La mer Noire de Kéthévane Davrichewy
Le coeur cousu de Carole Martinez

Pour finir sur les livres à croquer :

Tender at the Bone: Growing Up at the Table de Ruth Reichl
Little Flower: Recipes from the Cafe de Christine Moore
Bouchon Bakery de Thomas Keller
Jerusalem: A Cookbook de Yotam Ottolenghi et Sami Tamimi

Et vous, de quels livres avez-vous envie ?

Monday, October 29, 2012

Halloween Bake-Off



Chaque année depuis plusieurs années, mon entreprise organise une fête à l'occasion de Halloween. C'est une célébration que nous portons très à cœur puisqu'elle est ouverte à nos enfants. Ils découvrent alors notre espace de travail relooké pour l'occasion et, entre les toiles d'araignée synthétiques et les fantômes en peluche, ils sont invités à piocher dans des seaux remplis de friandises. Lorsque leurs sacs sont remplis de bonbons et de chocolats, ils participent alors à une parade en plein air. Pendant ce temps, leurs parents discutent autour d'un gobelet de café ou de chocolat chaud et, pour la première fois cette année, de gourmandises maison à l'occasion d'un bake-off, une compétition de pâtisserie.

 

Il s'agissait du deuxième bake-off auquel je participais. L'an passé, j'avais préparé la bûche aux marrons de Pascale à l'occasion de la Christmas Party de mon travail et, malgré quelques soucis au niveau de l'exécution (ma bûche ressemblait à un camion), j'étais arrivée deuxième ex-aequo. Le gagnant, Nick, un passioné de cuisine qui prépare chaque année le festin de Thanksgiving pour toute sa famille, avait remporté la compétition grâce à ses cannoli sandwich cookies. Composés de deux cookies au chocolat garnis d'une crème à base de mascarpone et de pistaches concassées, ils étaient, je devais bien l'admettre, terriblement gourmands.

Le lendemain, Nick était venu prendre des mes nouvelles, il voulait savoir si ça n'avait pas été trop dur de perdre. Je lui avais répondu dignement que j'avais tourné la page, moi, et que je préparais ma revanche. Il a ri. Son assurance m'avait agacée, je savais qu'il n'avait jamais perdu à une telle compétition au travail mais je voulais lui montrer que moi aussi je savais aussi me débrouiller aux fourneaux.



Au mois d'avril, je l'ai donc invité à un brunch à la maison pour tenter de l'impressionner. J'avais préparé des œufs cocotte sur une fondue de poireaux parfaitement assaisonnée, des pommes de terre au four croustillantes ainsi que des gaufres liégeoises moelleuses et caramélisées. Je lui ai demandé s'il craignait désormais que je gagne la prochaine compétion de pâtisserie et vous savez ce qu'il m'a répondu ? Que je lui avais simplement montré que je savais préparer un brunch (aïe).



Go big or go home ai-je pensé lorsque l'annonce du bake-off de Halloween est tombée : j'allais faire des macarons. Je me suis donné tous les moyens de réussir : la veille du concours, j'ai demandé à ma maman, en visite aux Etats-Unis, de me dessiner des gabarits à partir de ceux fournis dans ce livre. Pour les coques, j'ai utilisé la recette de Strawberry Bakery, une valeur sûre, en lui ajoutant un temps de repos. Pour la cuisson, j'ai utilisé le mode convection de mon four selon les conseils de ce livre. Pour la garniture, enfin, j'ai préparé une crème au beurre aux marrons, histoire de rester dans le thème automnal, que j'ai très légèrement parfumée au café.

7 blancs d'œufs, 200 g de beurre, deux poches à douille et trois heures de travail plus tard, ma mission était accomplie. 

Epuisée mais satisfaite, je suis allée me coucher.



Le jour de la fête est arrivé. J'ai déposé mes macarons à la table destinée à cet effet. Les whoopie pies à la citrouille de Nick étaient déjà là. La main tremblante, j'ai noté le nom de ma contribution sur un morceau de carton : Chestnut & Coffee Macarons. Les dés étaient jetés.

 

Je ne vais pas mentir, j'ai demandé à mes amis de voter pour moi. Je ne suis pas allée contrôler leurs votes (mon esprit de compétition a ses limites) mais une chose est sûre, lorsqu'on a annoncé le nom de la pâtisserie gagnante, c'est bien le mot macaroon que j'ai entendu. J'ai gagné un bon d'achat de 25$ valable chez Wegman's mais, surtout, la satisfaction d'avoir remporté une compétition de pâtisserie contre Nick.

Le soir, fatiguée, j'expliquais à Jonathan que je ne prendrais pas la prochaine compétition tant au sérieux. J'avais prouvé à Nick que j'étais un adversaire à sa hauteur et cela me suffisait. En arrivant pourtant au travail le lendemain, j'ai trouvé un message de Nick dans ma boîte mail dans lequel il commentait un message identifiant les gagnants des quatre concours organisés la veille.
I see Estelle’s name next to the bake-off. I’ve never seen that before! :)
Ma vengeance sera terrible.

Sunday, October 14, 2012

Salade de roquette aux fruits secs



La roquette est une plante au caractère bien trempé. Elle aime la pluie et les températures fraîches mais se vêxe au premier coup de chaleur. Elle est délicate et poivrée quand elle a froid mais devient amère quand il fait chaud. Au fil des années, j'ai pourtant appris à l'apprivoiser. J'en glisse quelques feuilles dans un sandwich un peu trop sage et j'en cache les fleurs dans une omelette. En ce début d'automne, j'en marie de nouveau les feuilles à une poignée de fruits secs pour une salade à la fois douce et piquante, élégante et colorée. Une idée chipée à un magazine de cuisine turc.

Salade de roquette aux fruits secs

Ingrédients pour 1 gourmand 
25 g de roquette (3 à 4 petites poignées)
1 figue sèche coupée en dés
1 abricot sec coupé en dés
1 petite poignée de grains de grenade
1 cuillère à soupe d'huile d'olive
2 cuillères à café de vinaigre balsamique 1 filet de miel liquide
Sel et poivre au goût 
Préparation 

Dans un bol ou une assiette, arranger la roquette suivie des fruits secs et de la grenade. Dans un autre bol, fouetter à la fourchette l'huile d'olive, le vinaigre balsamique et le miel avec une pincée de sel. Verser sur la salade, saler et poivrer au goût et servir aussitôt.

Dégustation

Cette salade révèle tous ses arômes lorsqu'on en déguste tous ses éléments dans une bouchée. Pas facile mais à vous de jouer !

Tuesday, October 2, 2012

Chez Claus, l'épicerie du petit-déjeuner



Jeudi, 3 mai 2012, minimales 10°C - maximales 18°C. 

Je viens de passer la nuit sous une couette moelleuse comme un chamallow. La lumière du jour me réveille et je tente, en vain, de me rendormir. Ma sœur, elle, dort à poings fermés. Nous sommes fatiguées de la veille, de notre long après-midi dans les rues de Paris et de notre dîner tardif à la maison. Il est bientôt 9h et j'ai promis à ma sœur de la réveiller. Je prononce son nom, elle tourne la tête, murmure quelques mots mais se rendort aussitôt. J'avais oublié qu'elle avait ce don. Je la rappelle de nouveau, plus fort cette fois.

"Sarah !"

Elle se réveille pour de bon. Je vais l'emmener chez Claus pour le petit déjeuner, "une alternative souriante à Rose Bakery" d'après Esterelle. C'est le rôle des grandes sœurs que de prendre soin des petites.



Quelque part dans le premier arrondissement, dans une petite rue calme à quelques pas du Louvre des Antiquaires, nous poussons la porte de Claus, l'épicerie du petit déjeuner. Un jeune homme timide mais souriant nous conduit à une table située à l'étage. Je choisis une petite table cachée dans un coin de la salle depuis laquelle je peux étudier les clients.

A ma gauche, un groupe d'anglophones est en début de repas et je jette un œil que j'espère discret sur leurs assiettes. En face de moi, deux jolies Américaines sont en pleine conversation. L'une parle en se lissant ses cheveux, elle porte un rouge à lèvre carmin qui met en valeur son teint de porcelaine. L'autre écoute en fronçant parfois les sourcils, elle porte une veste noire sur t-shirt à col évasé et boit son thé à petites gorgées. Je les trouve élégantes et je me sens brusquement un peu cloche avec mes cheveux décoiffés et mon foulard mal noué.



Sarah et moi étudions le menu, qui semble accomoder les petits appétits (plats à la carte au recto) comme les grandes faims (formules au verso). Sarah commande un café au lait et un müsli et je mise sur le Claus pour  pour affronter le reste de la journée.

Le Claus -18 € 
Boisson chaude
Jus de fruit frais au choix
Corbeille de pain avec beurre et confiture bio
Œuf la coque
Müsli façon Claus préparé la veille

Je suis tentée de feuilleter un magazine posé près de la fenêtre mais je sais que cela agacerait ma sœur. Heureusement, la corbeille de pain fait aussitôt son apparition, tout comme mon smoothie (en réalité, un jus d'ananas arômatisé à la menthe), ma tasse de chocolat chaud et la tasse de café au lait.

 

Je partage le pain avec ma sœur, il y en a plusieurs variétés. Je retrouve la mie légère et filante des pains français : comme cela m'avait manqué. Une flaque de confiture de framboises maison est servie dans une petite assiette. J'en tartine mon pain avec délice. Nous lui détectons un petit goût que nous n'arrivons pas à identifier et nous demandons au serveur de nous éclairer.

"C'est du sureau ! Ca donne comme un goût de litchi, n'est-ce pas ?"

Si !

Notre müsli, un mélange réconfortant de flocons d'avoine, de yaourt et de pomme râpée, arrive ensuite. Il est crémeux et peu sucré et je me promets d'en préparer de retour aux Etats-Unis. Mon chocolat est trop sucré à mon goût mais le jus d'ananas me séduit par sa fraîcheur et son puissant goût de menthe.

Mon œuf à la coque arrive enfin.



J'y trempe un morceau de pain frais et retrouve le goût des dimanche de mon enfance.

Il est bientôt midi, mes voisins de table sont déjà partis et la fille en noir a fini sa tasse de thé. La salle est bientot vide, nous avons fini de manger mais nous ne partons pas tout de suite. Depuis toute petite, ma sœur supplie ma famille de rester attablée à la fin du repas. Je suis prête à partir mais rien ne presse, nous sommes en vacances, et je nous donne le plaisir de savourer pendant encore quelques minutes la chance d'être ici toutes les deux.



Claus (la page facebook est par ici)
14 rue Jean-Jacques Rousseau
Paris 1er

Ne loupez pas les cookies vendus au rez-de-chaussée !

Thursday, September 20, 2012

Envies d'automne



Le cidre frais du marché.
Une tarte aux pommes épicée.
Des muffins au petit déjeuner.
Une boisson chaude pour le goûter.
Une paire de bottines.
De nouvelles ballerines.
Les Beekman Boys à la télé.
Des lasagnes pour le dîner.
Ma maman et moi sur le canapé.
Des litres et des litres de thé.

Tuesday, September 11, 2012

Haricots verts (et une pomme de terre) braisés à la tomate



Tous les jours depuis deux mois, je descends cueillir une poignée de haricots dans mon jardin. Il y en a des verts, bien sûr, mais aussi des violets qui deviennent à leur tour verts à la cuisson. Au fil de l'été, je les ai dégustés de bien des façons. Je les ai associés à d'autres légumes, comme dans cette soupe, par exemple, puis à des quartiers de nectarine dans une salade tiède. Je les ai dégustés crus, dans le jardin (un plaisir réservé au jardinier), et je les ai faits rôtir avec des lamelles de poivron rouge et un filet de vinaigre balsamique jusqu'à ce qu'ils brûnissent et caramélisent. Plus récemment, je me suis inspirée des stewed green beans du Sud des Etats-Unis et des fasulye de ma maman pour concocter cette recette.

Dans le Sud des Etats-Unis comme en Turquie, les haricots verts sont cuits longtemps et lentement. Selon Teresa, mon amie du Sud, on ajoute une pomme de terre et une tomate à la cuisson. Selon ma maman, qui a grandi en Turquie, on fait cuire les haricots verts dans beaucoup d'huile d'olive, suffisamment dit-on pour qu'un filet d'huile glisse au coin des lèvres pendant la dégustation. Dans tous les cas, les haricots sont tendres et digestes. Dans ma recette, il y a une pomme de terre, comme dans le Sud, et une tomate râpée, comme chez ma maman. Il y a peu d'huile d'olive, par contre, par respect pour les cols des t-shirts tâchés de mon enfance. Je pousse la cuisson jusqu'à ce que les haricots changent tout juste de couleur, ils doivent prendre une teinte foncée presque kakie, signe qu'ils sont devenus fondants. Préparés de la sorte, les haricots prennent une saveur douce et complexe à savourer une dernière fois avant la fin de l'été.

Haricots verts (et une pomme de terre) braisés à la tomate 

Ingrédients pour 4 épicuriens 
1 cuillère à soupe d'huile d'olive
1 oignon
1 petite tomate râpée
2 gousses d'ail pelées et ecrasées
500g de haricots verts
1 petite pomme de terre (de type Yukon Gold aux Etats-Unis) pelée et coupée en dés
sel et poivre au goût
Préparation

Dans une sauteuse, faire revenir l'oignon dans l'huile d'olive à feu moyen pendant 5 minutes. Ajouter la tomate et les gousses d'ail et laisser cuire 1 minute supplémentaire. Ajouter les haricots verts, la pomme de terre et une cuillère à café de sel, couvrir et laisser mijoter pendant 20 minutes, en remuant de temps en temps, jusqu'à ce que les haricots soient bien tendres. Rectifier l'assaisonnement et servir bien chaud.

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